La Teta Asustada, Ours d'Or à Berlin  posté le dimanche 15 février 2009 13:39

Clap final pour le 59ème Festival du Film de Berlin. L'actrice britannique Tilda Swinton a dévoilé le palmarès de cette édition 2009 et a mis le Pérou à l'honneur en attribuant l'Ours d'or au deuxième long-métrage de Claudia Llosa, La Teta asustada (photo). Le portrait d'une femme née d'un viol, empreinte de surréalisme poétique. «C'est magnifique ! Merci, merci au jury», s'est exclamée la jeune réalisatrice péruvienne en montant sur scène, rejointe par sa comédienne Magaly Solier qui a dédié ce film à tout le Pérou avant d'entonner une chanson dans la langue de son pays.

 

L'Autrichienne Birgit Minichmayr a reçu l'Ours d'argent de la meilleure actrice pour sa prestation dans le film allemand Alle anderen de Maren Ade. A 72 ans, Sotigui Kouyaté s'est vu attribuer l'Ours d'argent du meilleur acteur pour avoir incarné un père à la recherche de son fils en plein attentat de Londres dans le dernier film de Rachid Bouchareb, London River. Autre consécration pour le réalisateur iranien Asghar Farhadi qui a séduit le jury avec son mélodrame en forme de huis clos About Elly, qui a été sacré meilleur réalisateur.

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Clap de fin !  posté le samedi 14 février 2009 15:32

Dernier tour de piste pour la Berlinale et ultimes films présentés, ayant pour point commun d’être signés par trois des grands noms du cinéma d’auteur. Et témoignant d’ailleurs pour au moins deux d’entre eux d’une vitalité d’inspiration stylistique qu’un grand nombre de leur plus jeunes collègues n’auront guère eu ici l’occasion de mettre en avant.

 

C’est le cas de Théo Angelopoulos venu présenter hélas hors-compétition (cela eut relevé le niveau général de la sélection) Poussière du temps, un récit sur plusieurs époques avec pour fil conducteur le personnage d’un cinéaste filmant sur fond de bouleversements politiques de la seconde moitié du vingtième siècle l’histoire de ses parents et de leur amour mouvementé. L’élaboration sophistiquée du scénario (allers et retours entre divers passés et présents, multiplicité des points de vue, le rapport du point de vue de l’intime entre grande et petite histoire) ne nuit jamais à la fluidité du film et sa beauté poétique. Du cinéma porté à sa plus belle et majestueuse expression.

 

Fidèle du Festival, Andrzej Wajda revient cette année avec Tatarak après avoir présenté ici l’an dernier le très pompiers et discutable Katyn (sortie en France dans le courant du mois d’avril). Délaissant cet académisme qui appesantissait son cinéma depuis quelques années, l’auteur de L’Homme de Marbre signe un film dont le meilleur élément de surprise réside dans un dispositif narratif dont l’idée lui aura été soufflée par un épisode tragique de la vie de son interprète principale. Prévu pour être tournée il y a deux ans, cette adaptation d’un classique de la littérature polonaise raconte l’histoire d’une femme mûre, condamnée par la médecine et qui s’éprend d’un jeune homme de vingt ans, lointain fantôme de ses deux fils disparus dans leur enfance. Mais le tournage avait dû être repoussé car Krystyna Janda, actrice fidèle du cinéaste, était en train de perdre son mari des suites d’une longue maladie. De ce douloureux épisode de sa vie privée est née l’idée de ponctuer l’intrigue par diverses séquences où, dans un décor minimaliste et monologuant face à elle-même ,la comédienne raconte le calvaire de l’homme de sa vie, apportant ainsi un troublant et magnifique effet de miroir à la fiction qu’elle interprète. Avec en guise de transition entre ces deux versants, une sorte de making-of où l’on voit Wajda et ses comédiens travailler à partir du livre. Un film pudique et émouvant sur l’implication de l’acteur, le transfert personnel, la mémoire sentimentale ainsi que la douleur de la mort et le deuil impossible.

 

Et enfin, dernier film en compétition : Eden à l’Ouest de Costa-Gavras, sorti sur nos écrans mercredi dernier et dont il a déjà été beaucoup évoqué – à juste titre - la fragilité et le semi-échec, en dépit l’évidente sincérité de son auteur.

 

Côté rumeurs, si l’on s’en tient au tableau des critiques publié par l’hebdomadaire Screen ainsi qu’au désir du jury d’être sensible aux films attentifs à l’état du monde, les prétendants les mieux placés à l’Ours d’Or demeurent à ce jour : London River de Rachid Bouchareb, The Messenger d’Oren Moverman, Storm d’Hans-Christian Schmid et Katalin Varga de Peter Strickland. Souhaitons juste que, dans sa clairvoyance, Tilda Swinton et ses amis pensent aussi à récompenser Gigante de Adrian Biniez et About Elly de Asghar Farhadi, incontestablement deux des meilleures surprises de cette assez terne 59ème édition. Réponse demain soir.

 

Par Xavier Leherpeur

 

Willem Dafoe dans The Dust of Time

Copyright : Garcia / Starface

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Renée Zellweger en tête d'affiche  posté le vendredi 13 février 2009 10:32

Dernière ligne droite avant l’attribution pour un Ours d’or qui risque hélas, au vu de la qualité globale de la sélection, ne pas faire d’étincelles même s'il existe quelques candidats tout à fait honorables pour les diverses récompenses du palmarès.

 

En attendant trois films ont tenté leur chance, avec en tête qualitative Katalin Varga de Peter Strickland, cinéaste d’origine britannique s’intéressant ici à l’odyssée de Katalina (Hilda Péter… il y a du prix d’interprétation dans l’air), une femme qui fut autrefois violée et qui, mise à la porte par son mari, décide de retrouver le ‘géniteur’ de son fils. Mais au fur et à mesure de sa quête meurtrière, ses instincts vengeurs et meurtriers vont devoir faire place à des sentiments plus contradictoires et nuancés. La force farouche et un peu brute du film réside dans sa manière de ne jamais céder à un pathos surdramatisant ni une émotion manipulatrice. Tout en dressant en filigrane en (lointain) arrière-plan, la situation d’une Europe de l’Est encore et toujours marquée par la récente guerre civile.

 

La Teta Asustada soit en traduction littérale le lait de la douleur, est le second long-métrage d’une jeune réalisatrice d’origine péruvienne. Née d’un viol, contaminée, selon la légende populaire, par la tristesse infinie contenue dans le lait avec laquelle sa mère l’allaita, Fausta est une jeune femme réservée, distante, s’exprimant la plupart du temps en chantant et s’évanouissant à la moindre émotion. Sa mère vient de mourir et pour pouvoir l’enterrer dignement, elle devient femme de chambre chez une pianiste en manque d’inspiration et qui va littéralement lui ‘acheter’ ses chansons. Entre réalisme social, soupçon de surréalisme poétique et portait de femme en contre-jour, la cinéaste déploie à la fois savoir-faire et ambitions stylistiques. Mais sa tendance à se réfugier un peu trop souvent dans une pose auteuriste et le recours à un symbolisme pas toujours très subtil finissent par agir contre son propos et l’émotion de celui-ci.

 

Enfin My one and only de Richard Loncraine (La Plus belle victoire) ou l’hommage par un britannique pure souche à la comédie américaine des années 50. Lasse d’être trompée à longueur de temps par son mari, une épouse habituée pourtant au confort de sa vie de grande bourgeoise new-yorkaise, part avec ses deux fils pour tenter de refaire sa vie. Mais dans l’Amérique de l’après-guerre, l’affranchissement des femmes est encore chose peu aisée. Surtout lorsque l’on a en tête le désir obstiné de retrouver son ancien train de vie. Servie par des dialogues joliment pétris dans l’ironie et le second degré, ainsi que par une galerie de seconds rôles souvent jubilatoires (dont un fils gay rêvant de devenir acteur), la comédie semble un temps prendre son envol avant hélas de perdre progressivement son allant. La construction répétitive du scénario (une nouvelle ville et un nouvel amant tous les quarts d’heure) finissant par assourdir le rythme joliment jazzy du départ. Ainsi que l’omniprésence de Renée Zellweger qui éclipse très vite ses partenaires, ne leur délaissant le droit que de lui servir de faire-valoir. Une impolitesse de tête d’affiche souvent répandue mais hélas impardonnable dans l’art de la comédie.

 

 Par Xavier Leherpeur

 

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Demi Moore entre en piste  posté le jeudi 12 février 2009 11:50

Journée de mercredi en demi-teinte, à l’image du temps qui hésite entre douceur éphémère et froideur brusque ainsi que la compétition qui ne cesse d’alterner réussites fragile set grosses déceptions. Sans jamais parvenir à dégager une ligne éditoriale et artistique un tant soit peu claire et convaincante.

 

Révélé par le panorama il y a deux ans où il était venu présenter le très gore et gentiment subversif Teeth, le comédien cinéaste Mitchell Lichtenstein est de retour cette année dans la Compétition avec la lourde charge d’être l’un des rares (avec de Chéri de Frears) à oser occuper la case de la comédie avec Happy Tears. Soit l’histoire deux sœurs que tout oppose (pourquoi cette immédiate et spontanée impression de déjà-vu ???). L’une futile et dépensière, Jayne, (Parker Posey que l’on a connue moins appuyée dans son jeu) mariée au fils richissime d’un artiste peintre et dont la carrière personnelle ne cesse de rester dans l’ombre vampirique de son géniteur. L’autre, Laura, son aînée (Demi Moore), illustration de la middle-class américaine et mariée à un masseur préférant de loin travailler les corps masculins. Entre les deux, un père au bord de sénilité, explication de retrouvailles aussi peu spontanées qu’appréciées. Point de départ ultra rabâché pour un développement fortement prévisible. Seule (relative) originalité : le monde intérieur de Jayne, est illustré sous forme de délires fantasmagoriques. C’est drôle un temps, mais pâtit comme le reste du film d’un manque de mise en scène et surtout, faute toujours irréparable dans le registre de l’humour, de rythme.

 

Présenté hors–compétition (ce qui, vue la compétition, a tendance à refroidir spontanément les espoirs), Notorious de George Tillman Jr. est l’exemple même du biopic sans âme et sans grande personnalité. Soit ici la reconstitution chronologique et vaguement psychologisante événements pouvant expliquer à la fois le parcours artistique et la dérive personnelle du célèbre rappeur. Sauf qu’entièrement destinée à n’être qu’un support de luxe à une bande musicale omniprésente, la mise en scène ne contente d’aligner des ralentis sur jantes de voitures, des gros plans sur d’avantageuses poitrines syliconées et des gros pendentifs clinquants. Soit la caricature d’une imagerie MTV pour djeuns, avec en vague arrière-fond un dialogue saturée de motherfucker et autres bitches. Le tout filmé avec un filtre jaune doré, censé sans doute en rajouter dans le côté bling bling de cet univers musical, mais d’une esthétique somme toute fort discutable. Dispensable donc.

Par Xavier Leherpeur

Voir les photos du Festival du Film de Berlin.


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Pas de Gigola pour Schlöndorff  posté le mercredi 11 février 2009 11:26

Ulzhan - Volker Schlöndorff

Volker Schlöndorff avait profité du Festival de Cannes pour nous annoncer la production de son nouveau film, Gigola avec Asia Argento dans le rôle titre (lire l'article : Festival de Cannes : Asia Argento se met à nu). Près d'une année plus tard, Gigola change de mains. A l'occasion du Festival de Berlin, le vendeur international du film Wide Management nous révèle que le réalisateur du Tambour ne réalisera pas Gigola. Asia Argento aurait également été écartée.

 

Laure Charpentier, la scénariste de cette plongée au coeur des amours féminines dans les années 60 mettra en scène sa propre histoire. Gigola sera son premier film. Côté acteurs, on devrait compter sur Vahina Giocante, Philippe Torreton et Amira Casar.

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