Journée de mercredi en demi-teinte, à l’image du temps qui hésite entre douceur éphémère et froideur brusque ainsi que la compétition qui ne cesse d’alterner réussites fragile set grosses déceptions. Sans jamais parvenir à dégager une ligne éditoriale et artistique un tant soit peu claire et convaincante.
Révélé par le panorama il y a deux ans où il était venu présenter le très gore et gentiment subversif Teeth, le comédien cinéaste Mitchell Lichtenstein est de retour cette année dans la Compétition avec la lourde charge d’être l’un des rares (avec de Chéri de Frears) à oser occuper la case de la comédie avec Happy Tears. Soit l’histoire deux sœurs que tout oppose (pourquoi cette immédiate et spontanée impression de déjà-vu ???). L’une futile et dépensière, Jayne, (Parker Posey que l’on a connue moins appuyée dans son jeu) mariée au fils richissime d’un artiste peintre et dont la carrière personnelle ne cesse de rester dans l’ombre vampirique de son géniteur. L’autre, Laura, son aînée (Demi Moore), illustration de la middle-class américaine et mariée à un masseur préférant de loin travailler les corps masculins. Entre les deux, un père au bord de sénilité, explication de retrouvailles aussi peu spontanées qu’appréciées. Point de départ ultra rabâché pour un développement fortement prévisible. Seule (relative) originalité : le monde intérieur de Jayne, est illustré sous forme de délires fantasmagoriques. C’est drôle un temps, mais pâtit comme le reste du film d’un manque de mise en scène et surtout, faute toujours irréparable dans le registre de l’humour, de rythme.
Présenté hors–compétition (ce qui, vue la compétition, a tendance à refroidir spontanément les espoirs), Notorious de George Tillman Jr. est l’exemple même du biopic sans âme et sans grande personnalité. Soit ici la reconstitution chronologique et vaguement psychologisante événements pouvant expliquer à la fois le parcours artistique et la dérive personnelle du célèbre rappeur. Sauf qu’entièrement destinée à n’être qu’un support de luxe à une bande musicale omniprésente, la mise en scène ne contente d’aligner des ralentis sur jantes de voitures, des gros plans sur d’avantageuses poitrines syliconées et des gros pendentifs clinquants. Soit la caricature d’une imagerie MTV pour djeuns, avec en vague arrière-fond un dialogue saturée de motherfucker et autres bitches. Le tout filmé avec un filtre jaune doré, censé sans doute en rajouter dans le côté bling bling de cet univers musical, mais d’une esthétique somme toute fort discutable. Dispensable donc.
Par Xavier Leherpeur
Voir les photos du Festival du Film de Berlin.
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